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  • : Jour après jour, se découvrir...nous sommes tout petits petits petits...mais nous SOMMES...et ça, c'est grand!!!

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L'essentiel....

Créer c'est vivre deux fois - Albert Camus

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Samedi 17 mai 2008
 «Il y en a qui ont le cœur si vaste qu'ils sont toujours en voyage»
Jacques Brel
(Extrait du film: Un idiot à Paris)

 

Le voyage, le premier des vices, après la lecture et l'écriture, qui m'a capturée très tôt. Un mot noble, une pensée philosophique, que trop réduisent à des cartes postales ou à des billets d'avion.

C'est à la mode de voyager, dans une société de loisir démocratisée, dans laquelle celui qui n'a jamais pris l'avion passe pour un crétin. C'est à la mode, dans une société stressée, qui a besoin de cocotiers et de plages. C'est à la mode, dans une société prétentieuse, qui a oublié qu'il y a quelques années de cela, ses parents trop pauvres n'y avaient pas droit. L'essence du voyage n'est donc pas actuelle, elle est implicite à l'être humain, elle n'a rien à voir avec le plaisir mais elle est d'abord une nécessité.
Du cœur et de l'esprit.
Nos ancêtres partis émigrer en Amérique sont-ils des voyageurs? Non. Ils ont voyagé parce qu'ils avaient faim. Je suis allée vivre en Amérique, et on me dit «voyageuse». Ce qui fait de moi une privilégiée, qui émigre pour d'autres questions que la faim. Et cela ne veut pas dire que, demain, j'émigre à nouveau et cette fois-ci pour ma propre survie. Mais c'est un autre sujet.

C'est vrai, j'ai souvent pris l'avion et j'ai toujours eu soif d'aller voir ailleurs. Plus jeune, je préférais que mes parents, quand ils le pouvaient, me payent un billet d'avion, plutôt que des vêtements chers ou autres caprices matériels.
Soif d'aller voir ailleurs...tout est là! Parce que je ne me suis jamais contentée de mon petit monde, parce que les limites de celui-ci m'étouffent, parce que je ne me suffis pas à moi-même, parce que je suis une boulimique du différent, de l'inconnu, de l'autre, de ce qui va me bouleverser, me révolutionner, me remettre en cause, et me faire découvrir finalement, qui je suis vraiment.
Qui je suis vraiment....tout est là!
Il est  vrai que je suis allée très loin, très jeune, sans que personne ne m'y pousse: instinct.
Je ne ferai pas de liste exhaustive des pays que j'ai visités, cela n'est valable que dans les salons parisiens ennuyeux. Je connais aussi la France. Chez moi, tout est prétexte au voyage! Je ne demande que ça. Même si la destination n'est qu'à une heure ou deux de mon chez moi actuel. C'est cela qui a l'odeur de la liberté dans le voyage: l'infini, la sensation que tout est possible, que tout existe. Mais pour ce faire, pas besoin de farfouiller un catalogue. Il suffit d'être humain, d'écouter son cœur, d'ouvrir les yeux de son âme, de fermer les yeux pervers et castrateurs du quotidien.

Lecture, écriture, voyage: voyage et art sont liés. Les véritables artistes sont les premiers des grands voyageurs. L'imagination est le plus formidable des voyages. Preuve absolue: le déracinement. Lorsqu'on part, on s'exile. Plus on part longtemps, plus on s'exile. Lorsqu'on écrit, on peint, on fait de la musique, on s'exile. Plus on crée longtemps, plus on s'exile, plus le retour à la réalité est difficile. Logique absolue.
Les retours sont durs, car ils sont nostalgie d'un monde et d'un moments perdus.

On voyage en aimant un autre.
On voyage en faisant l'amour.
On voyage en parlant avec l'autre, inconnu.
On voyage par empathie, par absorption du différent.
On voyage quand le Moi devient plus grand, plus riche.
On voyage véritablement grâce à l'intelligence du cœur.

Voyagez! Perdez un peu de vous-même! Recevez de l'autre. Sans peur...On ne perd que ce que l'on ne possède pas au fond! Voilà le secret. Ce que vous y gagnerez? De la sagesse, de la grandeur d'âme, de la générosité, de l'amour, de la souplesse dans ce monde dur et sans pitié. La meilleure des adaptations : s'évader pour être plus fort en revenant. Les retours sont douloureux, mais une fois la digestion faite, nous sommes un peu plus forts.

C'est vrai, je ne suis pas assez dans la réalité. Mais que voulez-vous? Je suis une voyageuse qui a les pieds sur Terre, c'est pour cela que je voyage, d'ailleurs!  Inchallach.....

par Del publié dans : COUPS DE PLUMES SUR communauté : Communauté des Passionné(e)s
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Vendredi 16 mai 2008

Pour vous faire voyager, j'ai cette exclusivité! Merci Bernard pour ce bijou! C'est à toi, tout à toi,
même Pagnol t'écoute....



LE PARLER MARSEILLAIS

 

 



                       
Ici à Marseille, on ne parle pas comme tout le monde. Nous avons des expressions que seul un Marseillais de Marseille peut comprendre. Je m'explique : moi-même étant marseillais pure laine, quand je monte dans le nord, c'est à dire juste aprés Avignon, je commence à ne plus comprendre les gens...
Voici donc quelques phrases, ou mots, expliquant le "parler marseillais":


- Vas-y Gaston, on t'esgourde*! (Ca commence fort : cinq mots et déjà, il faut que j'explique : donc,  esgourde ce sont les oreilles)
- Je me promenais au Parc Borely quand, tout à coup, je vois deux cagoles* (Cagole : une fille. Par contre, il y a les cagoles des quatiers sud et les cagoles des quartiers nord. La différence? Aucune sinon que l'une est bourgeoise et l'autre non. A retenir : la cagole s' habille très court, parle très fort et se fait remarquer, bien sûr!).
E
n passant près d'elles, je leur dis : 
- Ohhhhhhhhhh...les galinettes* (petite poule), vous faites quoi la ?
Et elles me répondent:  
- Qu'est ce que tu barjaques* (dis), toi t'as pas d'amis que tu me parles?
Moi:
- Ohhhhhhhh radasse* (clocharde), parle bien de la bouche! 

Je crois que le ton est donné là, et je commence à peine! Mais bon, je m'y colle bien volontier, car j'adore notre parler et  encore je suis poli: nous avons aussi nos insultes, bien sûr!
Je ne vais pas faire un roman, mais il fallait bien que je donne un ton à mes explications.
Maintenant, je vais vous donner des mots et vous essayerez de faire des phases avec.


 

LEXIQUE

 

Extrait de : http://site.voila.fr/planetemassalia/lexique/lettrea.html 
pour vous y référer!

"Agachon
(être à l’ ) : nom masculin. Déclinaison du provençal agachoun, cabane de chasseur.
Etre à l'agachon, c'est être à l’affût, surveiller, épier, être sur ses gardes.
<< Depuis qu'il a reçu une lettre anonyme lui disant qu'il est cocu, il est à l'agachon, faut voir ça ! >>
Aganter (se faire): verbe francisé tiré du verbe provençal aganta, attraper.
Synonyme marseillais : se faire choper, se faire prendre.
<< Cette andouille, y s'est fait aganter par les condés*. >>... *
police

Alibòfis : Nom masculin pluriel désignant les testicules en terme grossier.
An pèbre : locution provençale formée des mots an (année) et poivre.
S'emploie pour désigner une localisation chronologique incertaine:
Soit dans le passé :
<< Ou il est Antoine !... maaaa foi... j’ai plus vu sa figure de poulpe depuis l'an pèbre…>>

Aouf : Néologisme marseillais, issu de l’arabe.
Considéré comme un adjectif qualifiant ce qui est gratuit :
<< Par les temps qui courent, y a plus que l’air qu’on respire qui est aouf >>

Arapède : Nom féminin d'origine provençale qui désigne un mollusque comestible
particulièrement difficile à arracher de la paroi rocheuse où il est accroché.
Traiter quelqu'un d'arapède, c'est tout simplement lui reprocher de coller d'un peu trop près, au propre comme au figuré.
<< Je l'ai laissé tomber, il commençait à faire un peu trop l’arapède. >>
Ou bien : << Oh l’arapède, file un peu de là, tu me gonfles… >>
Arranger
(s’ ) : N’a rien à voir avec le français arrangement .
En langage marseillais s’arranger signifie ajuster ses vêtements.
<< Oh Marius, arrange-toi un peu, on dirait un boumian* (ou une estrasse)… >> *
gitan
Ou bien que l’apparence d’une personne s’est améliorée : << T’as vu la fille de Toinou,
qu’est ce qu’elle s’est arrangée… c’est devenue une vrai bombasse…
>>

Bacala : Nom masculin formé à partir d'une déformation du provençal bacalaù, merluche, morue.
On l'utilise volontiers pour signaler la maigreur d'un individu, homme, femme, ou enfant.
<< Depuis qu'elle a été malade, c'est un vrai bacala... >>
Bada
: Nom masculin provençal désignant le petit surplus que les commerçants
rajoutaient dans la banaste (panier) de leurs meilleures clientes.
" Tenez, je vous fais le bada, c’est de bon cœur... >>
Aujourd’hui, il désigne plutôt le rab à table :<< Tiens, prends un peu de bada... >>

Ballon : Dans toutes les autres villes de France, on va au stade pour voir un match de foot de son équipe, mais à Marseille, on va au ballon pour voir l’Ohème, et plus rien ne compte...!
Bàti-bàti : cette expression marseillaise indique elle-même son sens, et rappelle, tant par sa sonorité que par sa répétition, le cœur, les battements du cœur,surtout quand il s’engatse (bat la chamade)...
<< quand l’Ohème mène que d’un but, j’ai le bàti-bàti >>
Bazarette (basarette): Nom féminin issu du verbe provençal basaruta, jacasser, parler d'abondance.
S'applique surtout aux femmes dont le bavardage incessant se trouve être souvent malveillant.
De ce fait, on peut traduire par commère. << Celle-là, comme bazarette, elle se pose un peu là… >>
: ( note: ne se prononce jamais bé, comme on l’entend à la télévision, mais ) bien, bon...
Interjection s’utilisant à toutes les sauces.
L’étonnement :
<< ! ils ont pris trois buts ?... >> (Hè dans le sens de Ha bon).
L’hésitation (en maintenant un peu la voyelle) :
<< èè, je sais pas si je joue cœur ou trèfle… >>
La déception :
<< , qu’est ce qu’on a pris ce soir, avec ce tromblon … >> (Hè dans le sens de Hé bien).
La lassitude :
<< Puisque tu triches de longue, je me casse… >>
Beau
(mon) : Aimable, cher. Se dit au masculin, comme au féminin. Très amical, et familier :
<< - Comme tu vas, mon beau ? – très bien, ma belle, et toi ?... >>
Bi : diminutif de bisou. S’emploie le plus souvent par un grand-père envers un enfant :
<< Eh mon gàrri, viens me faire un bi, que ça fait longtemps que je t’ai pas vu… >>
Bìcou
: S’emploie dans le sens de petit objet.
<< Passe-moi le bìcou du stylo, que je le referme… >>
Se dit aussi très souvent pour aborder un jeune avec qui on est très familier.
<< Oh bìcou, qu’est-ce que tu me racontes ?... >>
On trouve aussi bicouli (sans l’accentuation sur le
I
), pour un enfant plus jeune.
Pour l’anecdote, Bìcou, était le surnom d’Emmanuel Vitria, premier marseillais à reçevoir une greffe du coeur, fervent supporteur de l’Ohème, sportif émérite, et qui vécu encore longtemps, puisqu'il resta le doyen mondial des greffés du coeur pendant 19 ans.
Bisquer
: Verbe marseillais issu du provençal biscaïre, qui éprouve du dépit.
Le terme francisé à gardé son sens premier, il signifie râler, être mécontent.
<< Tè, on va le faire bisquer, ça lui apprendra !... >>
Ou bien << Arrête de bisquer de longue, tu me gonfles… >>
Bonne-Mère
(la) : Désigne bien sûr Notre-Dame de la Garde, et ne s'écrit qu'avec majuscules.
Et la Bonne-Mère, on la met à toutes les sauces. Elle intervient pour tout et pour tous,
quelle que soit la religion, la race, ou l’opinion politique du marseillais qui s’adresse à Elle.
Dans la joie, pour avoir fait gagner l’Ohème, dans la déception, lorsque l’on n’a pas touché le loto, ou dans la peine et le malheur, pour se faire consoler.
S’utilise même dans un juron bien senti, mais toujours affectueux :
<< Putain de la Bonne-Mère ! je me suis estramassé* le doigt avec le marteau… >> *
écrasé

Note : Un marseillais ne dira jamais :
<< Je vais monter à Bonne-Mère... >>, ou << De mon balcon, je vois Bonne-Mère... >>,
mais << Je vais monter à la Bonne-Mère... >>, et << De mon balcon, je vois la Bonne-Mère... >>.
Sauf dans l’exception qui confirme la règle : << Oh Bonne-Mère !... j’ai oublié le lait sur le feu... >>
Boucan
: Tout le monde sait que le sens populaire de boucan désigne un gros bruit, un tapage.
Mais à Marseille, il désigne aussi le boulet, celui qui ne sait rien faire, l’emmerdeur de première :
<<
Qué boucan celui-là, ça fait deux plombes qu’y fait l’arapède*, je peux pas boire mon canon tranquille… >> *
qu’il me colle
Bouche : il s’agit bien de l’organe qui sert à manger, et à Marseille (peut-être plus qu’ailleurs) à parler.
Progressivement, les marseillais ont utilisé ce terme pour désigner les beaux parleurs, les prétentieux, les fanfarons : << Qué bouche, ce Jeannot… >>.
Mais si le Jeannot ne sait faire que ça (fanfaronner), alors ça devient : << Que de la bouche, ce Jeannot… "
Par extension faire une bouche à une fille (ou à un garçon ), tout le monde comprend ce qu’ils se font…
Boudìou
: Interjection issue des mots provençaux boun, bon, et Dìou, Dieu.
( note : ne se prononce jamais boudiou, comme on l’entend à la télévision,
ou au-dessus de la Loire, mais bien boudìou, en accentuant le I ).
S'emploie pratiquement dans toutes les situations :
La satisfaction :
<< Boudìou, qu’il était beau ce film !... >>
La surprise :
<< Boudìou, mais t’es pas encore parti ?... >>
La déception :
<< Boudìou, qu’y fait froid aujourd’hui… >>
Par contraction, se dit aussi Boudìe, en traînant sur le I, et sans prononçer le E…

Boufigue : Nom féminin issu du provençal boufègo, ampoule, bulle.
S'emploie pour parler d'une enflure sur le corps.
<< Je sors de chez le dentiste, ça me fait une de ces boufigue sur la joue… >>
Bougnette
: Nom féminin issu du provençal bougnèto, beignet. Par extension, tâche d'huile.
Désigne les tâches de n'importe quelle nature, en particulier sur les vêtements :
<< Arrête de manger comme un chapacan*, ta chemise est pleine de bougnettes >>
Brave : Rien avoir avec le sens français courageux.
Peut signifier gentil, pas trés dégourdi :
<< Dis, t’es bien brave, mais va un peu jouer ailleurs, je vois pas le match… >>
Ou désigner quelqu’un de cœur, mais un peu niais :
<< Vouèï, il est brave, mais à force, y me gonfle… >>
Ou encore devenir un adjectif d’amplification :
<<
Oh Bonne-Mère, y a un brave Mistral aujourd’hui !... >>
"

                  
Voila je ferai les autres lettres , à votre demande,  si, bien sûr, vous avez aimé entendre un peu les cigales à travers ce petit lexique !!!!!!

BERNARD

par Del publié dans : MONDES QUI TOURNENT communauté : BLOGS, en parler ...
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Jeudi 15 mai 2008
 Tournoi de poker, Aix en Provence.

 

Le mot d'ordre était:
- Ici, tu ne déconnes pas : tu ne causes à personne! Ils vont te prendre pour une folle. Je te guetterai depuis ma table de jeu.
J'ai juste un peu parlé, un tout petit peu, les autres ont fait le reste et j'ai suivi le courant...Et toi aussi mon frère!


Petits clins d'œil pour remercier nos hôtes de leur accueil et de leur sympathie:

- Mais putain ! Si je te dis que Bernadette Soubiroux elle est de Nevers!
- Mais c'est pas possible, mon frère! Tu bluff ou tu bluff là?
- Peuchère, bien sûr qu'elle est de Nevers! Tu crois que je vais me noyer dans la rivière là? Enculé va...
- Mais elle est de Lourdes, Bernadette!
- T'en fais un, toi, de miracle! Une quinte flush royale à toi tout seul, frère!
- Elle est dans l'Église, là, en entier. A part un masque sur le visage...Je l'ai vue moi!
- Pfff, moi je me couche...C'est un chattard celui-là! Il est capable de bat-beatter sur ce coup...Il me rend fada peuchère!

Ou encore:

- Mais vous causez de quoi vous, les nanas, quand vous êtes ensemble? Frère, chez elles, c'est cent fois plus fort qu'un As-Roi chez les gars! Je te jure...Elles nous sous-pression comme jamais tu vas l'imaginer!
- De shampoing, de couleurs de mèches, de fringues, d'existentialisme, de crise économique, de politique, puis de taille, de performance et de durée, bien sûr...
- Exist....quoi? C'est quoi ce mot! A moi tu me causes pas en -alisme, hein?
- Ha ha! Bonne mère ! Tu es en tilt, là...elle t'a eu!
-Oh toi, t'es un brave ! Alors tu vas voir comme je relance moi! Et on augmente la blind en plus!


Pour la traduction :  http://www.pokerstars.fr/poker/terms/wordlist/
Le reste est en marseillais mes chers amis français !


 
Une pensée particulière pour Bernard qui sait causer existentialisme et ne pas se prendre au sérieux.

 

 

 

par Del publié dans : DU QUOTIDIEN communauté : BLOGS, en parler ...
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Mercredi 14 mai 2008

A Guillaume.

       Tout allait bien.

       Retrouvailles du Frère et de la Sœur. Cela fait trop de mois qu'ils ne se sont pas vus, trop de mois passés en solitude, l'un dans sa nouvelle vie heureuse, l'une dans son tourbillon angoissant, trop de mois à attendre ce moment! Libération! Osmose fraternelle enfin célébrée! Leurs deux cœurs sont au bord de l'explosion. Ils se connaissent, ils se comprennent, ils s'aiment avec un grand A.




       Joli jour férié, ensoleillé et printanier. Fête nationale. Du haut de la fenêtre, le Frère et la Sœur observent en pyjama le village d'Yzeron qui célèbre ses héros : défilé des pompiers, hommes et enfants; la fanfare et ses tambours; le drapeau fièrement tenu par un vieux monsieur aux joues bien rouges, le seul qui lève le regard vers eux en souriant. Il en aurait des choses à raconter celui-là! Le monument aux morts est un peu plus bas, à quelques mètres.
Puis, la journée continue. C'est une journée gentille, chaleureuse, de vacances. Concours de Boule lyonnaise, match de football local, tour du lac, pêche et sieste au soleil en bikini. Ici, dans le petit village d'Yzeron perché sur les Monts Lyonnais, les gens de la ville viennent montrer combien ils sont heureux: ils font beaucoup d'enfants, ils mangent bio, ils pédalent à n'en plus finir, ils chérissent la nature, ils n'ont pas d'accent, ce sont des gens très bien. Le Frère et la Sœur, aussi, sont des gens biens, mais dans un genre différent, c'est tout! Et vous allez voir bientôt combien ces derniers mots ont un sens. Qu'est-ce que la normalité après tout? Une invention sociale qui permet au Pouvoir d'abêtir ses sujets en leur promettant le bonheur par le nivellement mental. Le mot normalité n'existe pas! Il devrait être banni du dictionnaire pour le salut de l'humanité!
Le soleil devient plus frais, moins généreux, la pêche n'a rien donné. Le Frère offre donc la visite du village à sa Sœur, laquelle contemple la vue sur Lyon, les collines, les vieux porches et fait des photos; les amis de la Boule lyonnaise les saluent depuis le bar du village, l'heure de l'apéritif s'annonce et nos deux amis rentrent, bienheureux, à l'appartement. Le jeune chat virevolte dans tous les sens, ses sauts sont devenus un bruit de fond amusant. Le Frère et la Sœur trinquent devant les courts-métrages d'Animaboule, discutent, s'enivrent de musique et d'eux-mêmes jusqu'à ce que la faim les tiraille et les oblige à descendre au petit restaurant d'en bas. Il est tard. Deux crêpes et un peu de vin de la maison pour les retardataires!

Tout allait bien.

Le patron du restaurant, une fois tous les autres clients partis, leur permet de fumer à l'intérieur. Il ne veut pas croire qu'ils soient frère et sœur, l'accent espagnol de la Sœur le dérange, ils ne se ressemblent pas assez, même les documents d'identité ne suffisent pas pour le convaincre. Ah, et aussi! Le petit vieux sympathique qui tenait le drapeau ce matin est un vieil alcoolique!

Tout allait bien, jusqu'au moment où les deux verres de gnôle locale, cadeau de la maison, sont arrivés sur la table. La gnôle! Breuvage empoisonné qui va libérer le démon de l'inconscience. Pour bien connaître un région, et pouvoir ensuite en parler dignement, toujours goûter la liqueur locale. Les gens d'ici tournent à la gnôle! Soit. Tant pis pour eux, cela deviendra une théorie comportementale.
Pour consoler le patron et sa femme qui confient, dans les cuisines, que malgré leurs trente-cinq années de présence, les gens du village les détestent toujours autant, le Frère leur offre une bouteille d'Armagnac. Solidaires dans le malheur, toujours! Échange culturel.

Armagnac au sommet! Gnôle sur les Monts!

Il est plus de minuit, et voilà nos deux amis dehors, prêts pour une gentille visite by night du Col Machin. Sur la route principale du village, à quelques mètres de la voiture, deux jeunes chantent «On est en finale! On est finale!». La Sœur, encouragée par la gnôle, laisse aller sa normalité à elle: parler aux inconnus. En finale de quoi? De la coupe Machin! Chouette! Nous, on est rugby! Mais nous sommes contents pour vous!
Et les voilà dans le bar en train de fêter la victoire du club d'Yzeron avec ces trois inconnus sympathiques. Et encore un verre de gnôle! Finalement, ils fêtent leurs retrouvailles, mais ils acceptent aussi de partager la joie de ces footeux. Les voyages c'est cela: connaître des indigènes locaux, partager leurs us et coutumes, apprendre un peu leur langue, les écouter parler de leur coin à eux, étudier légèrement leur sociologie. L'empathie du voyageur : cette noble qualité!

Ils peuvent encore monter jusqu'au Col machin, ils ont encore une chance de se sauver et d'arrêter l'engrenage. Mais non! Grisés par l'aventure gnôlistique, ils suivent les gentils footeux jusqu'au garage d'une lointaine maison. Que de jeunes là aussi, et plutôt antipathiques cette fois-ci. Le frère n'a plus ses chaussures!
Les footeux s'en vont et les abandonnent à leur sort. Le Frère et la Soeur se retrouvent un peu plus tard à manger l'omelette chez un adulte, le seul civilisé et sympathique de la bande. La Sœur l'aide à préparer l'omelette, l'adulte sort du champagne et bien sûr de la gnôle. Puis après, tout s'enchaîne; enfin, disons pour résumer que le Frère et la Sœur éclairent ces indigènes post pubères et hostiles sur l'existence du monde extérieur: l'illettrisme chez les terroristes du Pays Basque, par exemple ; ou encore, l'existence d'habitants dans les Pyrénées ; ou bien de vagues dans l'Océan Atlantique. Mais les locaux s'en moquent! Ils ne connaissent que la gnôle et c'est très bien comme ça ! La sœur de la boulangère est la pire de toutes : ses yeux fusillent les deux étrangers dans un tir de mépris et suffisance mentale honteuse! Avec son complice le rouquin, elle lance un:
- Et pourquoi vous parlez avec cet accent là?
C'est le paroxysme de la soirée! Les hostilités sont lancées...La sœur de la boulangère est la cible. C'est une méchante sorcière, niaise, imbibée de gnôle depuis le berceau, qui finit par accuser nos deux étrangers d'êtres ivres. Ivres? Mais c'est la faute à la gnôle!

Voilà, le jour est levé. Les poubelles viennent de passer. Le Frère et la Sœur décident de penser demain aux conséquences de leurs actes. Il est temps d'aller dormir, tout cela n'est plus de leur âge! Ils sont adultes.

Le lendemain...et bien, le lendemain ils fuient simplement à Lyon pour visiter la ville, en prenant garde à leur estomac. Le Frère a peut-être perdu la considération des jeunes et ne s'intègrera pas, mais les petits vieux du village l'adorent! Il disent que c''est un gentil garçon. Toute la journée, ils parcourent la belle ville de Lyon.
Tout est de la faute de la sœur de la boulangère. Le racisme est une mauvaise chose. Ces petits joueurs ignorent le sens de l'hospitalité, ce sont des villageois ignares, la seule guerre qu'ils connaissent, c'est celle des clochers. Plus tard, ils feront partie de ce peuple amer et imbu de lui-même.
Le Frère et la Sœur s'en fichent. Ils sont heureux d'être ensemble. Finalement, ce genre d'événement est leur normalité à eux! A un moment donné de l'année, il faut bien taper un peu sur les cons, cela fait du bien quand même....
Ils ont dîné chez Mounier, qui lui, a de l'humour; demain ils partent à Aix en Provence. Il y aura des Marseillais, avec ceux-là, au moins on peut causer! Et surtout, il n'y aura pas de gnôle.

C'est une autre histoire....

                           

par Del publié dans : DU QUOTIDIEN communauté : L'écriture dans tous ses états
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Lundi 5 mai 2008

Le liquide ambré coule dans mon verre.  Un peu de ses senteurs s'évaporent et soulèvent mon âme, sa couleur obscure me rassure, des chants montagnards se font entendre depuis les sommets.
C'est l'été, les neiges éternelles reflètent la lune, et le grondement des torrents me fait dresser les yeux vers les étoiles. Une brise légère oxygène mes pensées, puis me berce  tendrement depuis le ciel. Me voilà à nouveau libre!
Ici pas de coupe ni d'usage règlementaires pour boire l'Armagnac, laissons les bonnes manières aux amateurs de Cognac. Mes lèvres s'humectent du généreux breuvage. A la première gorgée, mon corps frissonne, puis, très vite, une vague de chaleur envahit mes membres engourdis par les soucis. Les ombres inquiétantes, majestueuses,  insolentes des sapins me rappellent au bon souvenir de leur présence. L'odeur de ces nobles conifères chatouille mes narines. Elle remplit mes poumons d'une sérénité enfin retrouvée.
Les voilà enfin les montagnes de mon enfance! Celles de la Vallée d'Aure, aux portes de L'Aragon espagnol, celles qui offrent leurs eaux glacées à la Neste et aux lacs, celles dont le souffle puissant s'amuse avec les nuages, celles qui narguent le Pic du Midi de Bigorre de loin, en lui mettant sous le nez, avec arrogance, les deux seigneurs d'ici : l'Arbizon et le Néouvielle.  L'Armagnac coule dans mes veines. Mon sang redevient pur.
Les cloches des vaches en liberté battent le rythme de mon coeur et lui rappellent que cet endroit est le mien.  Mon berceau.
Je suis une voyageuse, toujours en exil, sauf quand je reviens ici me nicher dans les bras de mes chères montagnes. Je me les remémorais avec fierté et nostalgie lorsque j'étudiais à Grenoble, chez leurs cousines les Alpes ; en Amérique, j'avais mille photos d'elles, que je regardais dans les moments durs; à Toulouse, je les retrouvais avec joie sur l'autoroute qui me menait jusqu' à elles ; ici, au Pays Basque espagnol, elles sont aussi présentes, et dans mon chez moi, et collées sur ma voiture.
Mon berceau. Mes premières années. Mon père. Ma mère. Mon frère. Mon innocence. Ma nounou et sa famille. Tous les autres.
Ma pureté. Le bonheur qui coule en moi malgré tout. Je suis heureuse ce soir, avec l'Armagnac et les sommets, car je ne peux mentir à toute cette noblesse qui m'a vu grandir et m'a choyée comme un princesse. Tout le reste n'est que futilité. Qu'on remette le poisson à l'eau! Qu'on me rende à mes montagnes!
Je trinque à la vallée du Rioumajou, la plus belle de France selon mon père, à celle du Moudang, à celle de Loudenvielle, au Pla d'Adet, au village des chalets, à Bourisp, aux dizaines de chapelles, de granges, de champs, à la Méharie, à notre maison aux volets rouges, à l'izard, aux moutons, aux vaches libres, à moi!
Je trinque à mon père, à Pompom le chien des Pyrénées, à Jean, à ma mère, à mon frère, à Robert, aux Labarthes, aux Castets, et à tous ceux qui ont peuplé mon enfance....et à mes amis d'ailleurs qui sont loin, à ceux qui sont prêts. Au futur homme de ma vie! A mes futurs enfants!
Et quoi d'autre? Rien. Ah si!
On n'est jamais seul lorsqu'on boit de l'Armagnac face aux sommets de son enfance. Allez expliquer cela aux gens guindés et très civilisés!
Je suis ivre de cette liqueur du bonheur, je suis ivre de mes sommets, de cette paix ancestrale; je pense à toutes ces belles âmes que l'on a enterré dans ces terres chéries.
C'est une extase, un diamant que l'on ne me volera jamais. Le monde peut bien tourner à sa guise autour de moi!
La vie peut faire de moi ce qu'elle veut, tant que j'appartiendrais aux neiges Pyrénéennes, je serai invincible!
Ces montagnes-là possèdent mon âme.
Je trinque à l'authenticité de l'Armagnac et à la santé de tous ceux qui savent être heureux, parfois, dans des moments comme celui-ci....








Que nous sommes petits....
par Del publié dans : DU QUOTIDIEN communauté : BLOGS, en parler ...
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Vendredi 2 mai 2008

Hum....il me semble que ce soir j'ai envie d'écrire. Je corrige actuellement de longues nouvelles, et il me faudrait en écrire cinq autres, au moins, pour oser attaquer après, les éditeurs.
Mais  là, ce soir, j'ai envie de m'exprimer dans un écrit court et vif.
De quoi pourrais-je parler? De la guichettiste de la gare SNCF de l'autre jour? Non, ni  temps ni énergie pour elle. Nous ne sommes pas du même monde. Point. Sans intérêt. C'était de notre faute, nous n'avions qu'à pas être des clients! Cela m'a rappelé un épisode, lors de mon séjour à Cuba : nous voulions acheter deux billets pour monter dans un camion - transport collectif dans les campagnes cubaines - et, nous nous sommes donc avancés vers le guichet. Derrière la fenêtre sans vitre, une employée dormait. Nous l'avons appelée, mais en vain....Une collègue à elle est apparue, en pleine forme, et nous a reproché notre insolence. Puis, devant nos airs faussement repentis, elle a consenti à nous vendre deux billets, qu'elle nous a lancés à  la figure pendant que l'autre continuait à dormir. Bien sûr, c'était Cuba, mais l'idée y est!
Bref, je n'en parlerai pas. Aucun respect, aucune solidarité envers ce genre d'individus.

J'aime les personnages courageux : héritage familial.
L'héritage familial, ma prochaine nouvelle sera là-dessus, car chez moi, il y a des données inconnues, dont je suis fière d'ailleurs, et dont le mystère fait ce que je suis aujourd'hui. Inconsciemment, je suis certaine que nous portons en nous la vie de nos ancêtres, en bien et en mal, peu importe. Bien sûr, ce leg subliminal ne se registre jamais chez le notaire.
Deux inconnues. Deux paramètres X qui font que mon arbre généalogique est coupé. Et ma fierté vient de ces origines : l'enfantement illégitime, la rupture des règles absolues, l'amour par dessus tout, sauver la vie de son enfant en dépit du rejet et des condamnations. Deux actes de rébellion qui sont mon héritage et à qui je dois la vie ! Et vous vous étonnez que j'aime les gens courageux? Le X coule dans mon sang qui n'est même pas purement français, et fait que ma vie est un véritable voyage. Pourquoi suis-je tombée d'un avion dans les terres argentines à 21 ans ? Par hasard, oui, mais un faux hasard que je n'ai compris qu'un peu plus tard : la Patagonie, la Pampa, Buenos Aires, réunissaient toutes mes racines espagnoles, italiennes, basques, béarnaises, pyrénéennes et que sais-je d'autre....D'où viennent les yeux verts de mon père? 
Ces inconnues m'ont donné le goût de l'inconnu, une certaine conscience universaliste, et une reconnaissance pour mes parents qui n'a d'égale que leur amour pour moi et mon frère. Non, je ne serai jamais l'épouse parfaite. Ni la citoyenne parfaite. Mon esprit et mon âme sont ailleurs, inquiets, fiers, nobles, purs, bâtards, mais avec un pedigree exceptionnel : celui du courage et de la vie malgré tout.
Les secrets de famille sont assassins et nous sommes les premières générations à vouloir les rompre! Quelle chance! Pour mes parents, j'écrirai donc cette nouvelle. Dans quelques jours.
J'aime les personnages qui se battent pour être meilleurs. Cela n'a rien à voir avec le pouvoir d'achat mais plutôt avec l'audace de se regarder dans le miroir et se dire avec les tripes : "Je suis quelqu'un!"
Echec compris. Les gens qui n'ont jamais échoué m'emmerdent, ils n'ont jamais connu de révolution et ne sauront donc pas faire preuve de courage si besoin est. Aujourd'hui, nous admirons les résistants et j'ai eu en face de moi des rescapés de camps de concentration, dont certains non juifs. Serais-je capable de faire la même chose? 
Je n'appartiens à aucune cause politique actuelle, car je pense que le changement est profondément intérieur. J'aimerais transmettre cela à mes enfants, comme mes parents l'ont fait avec moi, au delà du bien et du mal.
Le X de la rebellion est en moi, je ne peux rien y faire, je suis condamnée. Malédiction familiale. 
Quel bonheur cette authencité! Premier pas vers la véritable liberté, celle du courage et de la noblesse, loin de toute sainteté citoyenne, religieuse, politique. Ceux qui ont accepté de donner la vie à mes parents, dans l'illégalité, étaient de vrais héros!




 

par Del publié dans : CRACHE-POUILLE FAIT LE DRAGON: ATTENTION, COLERES! communauté : BLOGS, en parler ...
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Jeudi 1 mai 2008

L'histoire d'un homme et d'une femme...

Qui voulaient que le monde soit en paix! Douce utopie de deux amoureux qui, trompés par la chimie de leur alchimie, songent un moment que leur bonheur devrait être un modèle:
- Cela résoudrait bien des guerres, des clivages  sociaux, des problèmes économiques. Cela chasserait les haines racistes, les guerres de clochers, les votes politiques, le malheur. Cela ouvrirait les frontières, ferait sourire les plus amers, et les humains jouiraient enfin de la Vie. Embrasse-moi, tendre toi! Prends-moi dans tes bras, fais moi l'amour et sauvons le monde!
Qu'il est bon d'aimer.....
Après mille caresses échangées, l'homme se vida alors dans la femme. Ils jouirent ensemble, dans une extase divine et sans nom.
Le Saint-Graal! Tant de croisades et de morts, de Merlins et de Morganes, de chevaliers en quête, de signes, d'obstacles, de gentils et de méchants pour chercher ce que nos deux amoureux viennent de trouver. La coupe  du Graal remplie du sang du Christ. La femme remplie du sperme de l'homme. Le masculin et le féminin. Le bien et le mal.
La quête du Graal est la quête de l'union parfaite. En soi. 

La femme tomba enceinte. L'homme se trouva désarmé devant cette terrible injustice. 
- Pourquoi toi? Tu portes le fruit de notre amour et moi, que dois-je faire? Quel est mon rôle? 
- Va nous chercher à manger, lui répondit la femme.
L'homme, qui ne sera jamais enceinte, partit donc à la chasse.  Il se sentit utile.
La femme devint mère et l'amour se transforma: déjà, l'homme se sentit démuni, moins aimé, jaloux de son héritier. En partant chasser, il avait appris la guerre et goûté au sang, juste  pour oublier un peu qu'il ne portait pas la vie en lui.
Les idées du bonheur et de sauver le monde s'éloignaient. L'homme se sentait désarmé devant le pouvoir de sa femme. Ils faisaient l'amour mais, déjà, ils songeaient moins à sauver le monde : le bonheur s'était compliqué, l'alchimie transformait maintenant l'or en plomb. L'homme chassait, mais en vérité, il ne faisait rien d'autre que de regarder sa femme être mère. Il lui enviait sa force, sa capacité d'amour décuplée par l'enfantement, sa patience, sa perspicacité, son intuition, son instinct de bête. Alors que lui tuait les mêmes bêtes...pour manger!
Sa femme l'énervait, l'homme se sentait menacé et décida d'agir comme on agit toujours lorsqu'on a peur: il se consacra à la chasse avec les autres hommes, se battut comme un coq parmi ces compères pour être le plus fort, il clama haut que, sans lui, sa femme ne mangerait pas. Il la remplissait de sperme, le soir en rentrant, il la couvrait de sa sueur de chasseur et l'imprégnait ainsi de son odeur de mâle puissant.
Le pouvoir avait chassé l'amour. Comme sa femme était belle et en plus fertile, il en fit un territoire de chasse: il la voila de haut en bas, l'enferma dans une caverne et lui interdit de penser.
Lorsqu'elle voulait être libre, il la menaçait de la brûler.
Il magnait son sexe comme son arc: les femelles tombèrent toutes devant lui. Lorsque sa femme, voulut chercher l'amour dans le corps d'un autre homme, il la brûla. Il n'avait plus besoin d'elle : elle lui avait donné cinq autres héritiers et il avait su la remplacer par une autre, moins arrogante, plus soumise. Une qui ne pensait pas, ne voulait pas chasser pas, ne s'aimait pas en silence. Surtout en silence.

Puis, longtemps après, des dizaines, des centaines de siècles après,  la femme apprit à chasser, décida de ne plus penser en secret, et de chercher l'amour.  Elle reçut  plusieurs tonnes de sperme en elle sans tomber enceinte, car désormais, elle avait le pouvoir de choisir. Elle faisait l'amour si elle le voulait, enfantait si elle le voulait, aimait qui elle voulait.   
Elle se crut libre. Mais l'homme lui en voulait toujours et lui faisait comprendre que le monde était masculin: elle ne serait jamais aussi grand écrivain que lui, ni présidente de la République, ni n'aurait le même salaire que lui, ni ne pourrait coucher plusieurs fois d'affilée, sans que ce soit un pêché.  Il avait le pouvoir!
Tristes histoires de récipients et de liquides.
On ne voile et on ne cache que ce qui nous fait peur. Oui, le corps d'une femme est beau et désirable!
Il n'était plus question d'amour, mais  de pouvoir.
Vous pouvez voter à droite ou à gauche, être religieux ou laics,  noirs ou blancs, communistes ou libéraux, patrons ou employés, français ou anglais, espagnols ou basques, catalans ou bretons...il y aura toujours des hommes et des femmes.
Quand ils sauront vivre en paix, sans être comme dans une meute de chiens, avec dominants et dominés, la quête du Graal sera proche de la fin....

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Mardi 29 avril 2008

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Lundi 28 avril 2008

Je voudrais dire à mon voisin du bas que je ne l'aime pas, ni sa femme! Leur gamin, le pauvre, n'a pas choisi de vivre là. Il sera comme eux, au pire, il fuira. Mais les enfants d'ici ne fuient pas. Mon voisin du bas, tu es de la pire espèce : celle qui casse les boîtes aux lettres, qui écrie PF dessus (Puta Francesa?), qui place des seringues sur mon paillasson; celle qui a voulu me faire peur parce que j'étais étrangère. Tu m'as surtout mise en colère ! Si je savais pratiquer le vaudu, tu  te retrouverais impuissant dès demain matin avec un sexe de la taille d'un gland, et ta femme, cette sorcière alcoolique, se transformerait en vipère vénimeuse qui te mordrait et te tuerait. Tu entends des bruits partout, à tous les étages! Je te dirais d'aller vivre là-haut, sur la montagne, mais les bêtes ne voudraient pas de toi! Peut-être qu'elles te mangeraient... 
Je voudrais dire à cette autre voisine, dont je ne connais pas l'étage mais qui hante l'immeuble de sa présence détestable, que je ne l'aime pas.  Je t'ai souvent croisée et saluée d'un bonjour ironique, accompagné d'un sourire. Ta petite gamine à la main - encore une innocente! -, tu m'as à chaque fois glacée de ton regard haineux et attaquée par ton silence. Très bien, la dernière fois, tu bloquais la porte d'entrée de ta grosse présence et de ta nouvelle béquille; je ne t'ai pas regardée, je ne t'ai pas parlé, je t'ai obligée à te pousser comme on le fait avec ceux qui puent. Je t'ai toisée, du haut de mes talons; j'ai ouvert mon manteau, pour que tu sois écoeurée par ma petite jupe et mes jambes. Si je pouvais te coincer un jour contre un mur et te donner deux claques, ce serait avec plaisir!

Mais je ne suis pas comme ça! Je viens d'un sommet de montagne où les habitants se saluent, car là-haut, on a toujours besoin de son prochain. J'ai une maladie étrange : la sympathie. Ce terrible mal m'oblige à  sourire, à considérer le monsieur ou la dame, croisés dans le hall d'entrée. Jusqu'aux chiens se reniflent les fesses.
Mon Dieu! Heureusement que je n'aie pas à mettre mon nez dans le gros derrière de la voisine! Je m'y étoufferais, je m'y noierais, je ne pourrais appeler personne à l'aide.

Le seul moyen de se défendre contre ces méchantes espèces : afficher un petit sourire sournois et poli, signifiant que vous êtes plus heureux, plus chanceux, plus beaux qu'eux. Renvoyer les mauvaises ondes et la sottise vers leur propriétaire. Il n'y a rien à faire pour eux, le malheur les possède depuis trop longtemps, ils voudraient vous en donner un peu, pour se soulager, mais il ne faut pas se laisser faire.
Qu'ils se le gardent! Et leur connerie avec !

par Del publié dans : CRACHE-POUILLE FAIT LE DRAGON: ATTENTION, COLERES! communauté : Ecrire
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Dimanche 27 avril 2008
 Les médias nous donnent à penser!

Grâce à eux, nous avons des choses à dire, des conversations à alimenter, des idées sur le monde et la société; grâce à eux, nous ne parlerons pas de nous-mêmes, mais nous donnerons notre avis sur des questions importantes. Grâce à eux, nous serons intelligents.

Quoique...

J'ai l'impression, vague et intuitive, que plus je regarde ou j'écoute les informations, plus mes problèmes augmentent! Trop de problèmes d'un coup! Deux à quinze fois par jour, parfois toujours les mêmes, jusqu'à qu'un nouveau surgisse et remplace tous les autres. Les problèmes sont vendables. Nous ne sommes pas des victimes, mais de bons clients, des boulimiques de ce qui va mal, des amoureux de l'injustice, des assoiffés de la guerre, des affamés de sang et de morbide, des ivrognes du sensationnel. Cela dit, pas de problèmes du tout, ce ne serait pas crédible! Ou encore: pas de problème chez nous et juste chez les autres, ce serait de la propagande! Ou aussi: pas de problèmes chez les autres, mais seulement chez nous, ce serait de l'auto-extermination!

Parfois, j'éprouve juste le besoin de ne pas me sentir concernée. De retrouver un peu ma liberté. De me laisser aller à une saine nonchalance. Je suis bien peu de chose. Les médias, les politiques, les docteurs du bien-être, les acharnés de la bonne santé, les avocats du «politiquement correct», les producteurs de produits bio et chers, voudraient me faire croire que je se suis quelqu'un de très important! Bien sûr! Ainsi, ils auront mon audience, mon vote, mes sous...

On nous bassine à grands discours sur la solidarité! Mais nous oublions de sourire au premier venu, d'être un minimum polis et éduqués, de faire attention aux regards et aux visages dans la rue, de discuter avec des inconnus,...

Nous pensons être laïcs et libérés de Dieu, mais, finalement, nous vivons encore sous l'emprise de la mauvaise conscience.

C'est étrange, mais les personnes les plus généreuses et les plus courageuses que j'ai connu, ne sont pas celles que me décrivent les médias. Ils ne pensent pas forcément à sauver le monde et ils savent rire, donner, être aimables, intelligents sans grands discours, d'ailleurs, ils évitent les grandes pensées politiques. Ce sont des espèces de sauvages! J'insiste sur le mot «sauvage»!

Je ne vous donnerai pas une liste exhaustive de mes actes de rébellion involontaires, comme par exemple, manger du poulet durant la grippe aviaire (Mes envies de poulet rôti étaient plus fortes que la peur...).

Plus je regarde et plus j'écoute les médias, plus ma peur augmente. La peur fait vendre, fait voter, fait acheter des pilules miracles, détruit un homme, en encense un autre! La peur immobilise. La peur impose des coupables et des victimes. La peur invente des Sauveurs, des charlatans qui nous donnent des leçons pour notre bien.

Oh por Dios ! Vive les contradicteurs!

Il n'y a que la vérité qui blesse...mais la vraie vérité.
Et là c'est encore une autre histoire!

 

Dialogue avec le journal (télévisé ou pas) :

- Eux : un nouveau produit qui donne le cancer.
- Moi : Tiens, encore un que j'ai utilisé!
- X est gentil, Y est méchant. La prochaine fois vous voterez pour Y!
- Ah!
- Les JO à Pékin, c'est pas bien!
- Nos vacances au Maroc, au Mexique, au Kenya, en Inde c'est mieux?
- Les français sont pauvres.
- Zut!
- Le nouveau portable XY7882369 vient de sortir. Vos vacances au ski.
- Mais on est pauvres!
- C'est la crise.
- ......
- Les profs, les retraites, le chômage,...
- Comme d'hab! Vous me réveillez si il y a quelque chose de nouveau hein?
- Nouveau record du baril de pétrole!
- Il faut que je pense à épouser un spéculateur de pétrole.....
- Rendez-vous compte, il y a des gens qui ont deux travails et qui travaillent plus de 8 heures pas jour!
- Sans blague!
- Les français sont intelligents, fraternels, et solidaires.
- Mouais..........
- Les espagnols et les américains ont des problèmes.
- Chouette! Maintenant tu vas me faire croire que je suis mieux chez moi!
- Le PSG a encore perdu!
- M'en fous....
- Faut manger ça!
- Trop cher!
- Machin vient nous présenter son nouveau CD. Il a des choses à dire!
- Comment il a fait pour être invité ?
- La météo.
- Ah non! Pas la météo!

par Del publié dans : CRACHE-POUILLE FAIT LE DRAGON: ATTENTION, COLERES! communauté : BLOGS, en parler ...
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