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  • dalpinricaud-ecrire
  • : Jour après jour, se découvrir...nous sommes tout petits petits petits...mais nous SOMMES...et ça, c'est grand!!!
Jeudi 1 mai 2008

L'histoire d'un homme et d'une femme...

Qui voulaient que le monde soit en paix! Douce utopie de deux amoureux qui, trompés par la chimie de leur alchimie, songent un moment que leur bonheur devrait être un modèle:
- Cela résoudrait bien des guerres, des clivages  sociaux, des problèmes économiques. Cela chasserait les haines racistes, les guerres de clochers, les votes politiques, le malheur. Cela ouvrirait les frontières, ferait sourire les plus amers, et les humains jouiraient enfin de la Vie. Embrasse-moi, tendre toi! Prends-moi dans tes bras, fais moi l'amour et sauvons le monde!
Qu'il est bon d'aimer.....
Après mille caresses échangées, l'homme se vida alors dans la femme. Ils jouirent ensemble, dans une extase divine et sans nom.
Le Saint-Graal! Tant de croisades et de morts, de Merlins et de Morganes, de chevaliers en quête, de signes, d'obstacles, de gentils et de méchants pour chercher ce que nos deux amoureux viennent de trouver. La coupe  du Graal remplie du sang du Christ. La femme remplie du sperme de l'homme. Le masculin et le féminin. Le bien et le mal.
La quête du Graal est la quête de l'union parfaite. En soi. 

La femme tomba enceinte. L'homme se trouva désarmé devant cette terrible injustice. 
- Pourquoi toi? Tu portes le fruit de notre amour et moi, que dois-je faire? Quel est mon rôle? 
- Va nous chercher à manger, lui répondit la femme.
L'homme, qui ne sera jamais enceinte, partit donc à la chasse.  Il se sentit utile.
La femme devint mère et l'amour se transforma: déjà, l'homme se sentit démuni, moins aimé, jaloux de son héritier. En partant chasser, il avait appris la guerre et goûté au sang, juste  pour oublier un peu qu'il ne portait pas la vie en lui.
Les idées du bonheur et de sauver le monde s'éloignaient. L'homme se sentait désarmé devant le pouvoir de sa femme. Ils faisaient l'amour mais, déjà, ils songeaient moins à sauver le monde : le bonheur s'était compliqué, l'alchimie transformait maintenant l'or en plomb. L'homme chassait, mais en vérité, il ne faisait rien d'autre que de regarder sa femme être mère. Il lui enviait sa force, sa capacité d'amour décuplée par l'enfantement, sa patience, sa perspicacité, son intuition, son instinct de bête. Alors que lui tuait les mêmes bêtes...pour manger!
Sa femme l'énervait, l'homme se sentait menacé et décida d'agir comme on agit toujours lorsqu'on a peur: il se consacra à la chasse avec les autres hommes, se battut comme un coq parmi ces compères pour être le plus fort, il clama haut que, sans lui, sa femme ne mangerait pas. Il la remplissait de sperme, le soir en rentrant, il la couvrait de sa sueur de chasseur et l'imprégnait ainsi de son odeur de mâle puissant.
Le pouvoir avait chassé l'amour. Comme sa femme était belle et en plus fertile, il en fit un territoire de chasse: il la voila de haut en bas, l'enferma dans une caverne et lui interdit de penser.
Lorsqu'elle voulait être libre, il la menaçait de la brûler.
Il magnait son sexe comme son arc: les femelles tombèrent toutes devant lui. Lorsque sa femme, voulut chercher l'amour dans le corps d'un autre homme, il la brûla. Il n'avait plus besoin d'elle : elle lui avait donné cinq autres héritiers et il avait su la remplacer par une autre, moins arrogante, plus soumise. Une qui ne pensait pas, ne voulait pas chasser pas, ne s'aimait pas en silence. Surtout en silence.

Puis, longtemps après, des dizaines, des centaines de siècles après,  la femme apprit à chasser, décida de ne plus penser en secret, et de chercher l'amour.  Elle reçut  plusieurs tonnes de sperme en elle sans tomber enceinte, car désormais, elle avait le pouvoir de choisir. Elle faisait l'amour si elle le voulait, enfantait si elle le voulait, aimait qui elle voulait.   
Elle se crut libre. Mais l'homme lui en voulait toujours et lui faisait comprendre que le monde était masculin: elle ne serait jamais aussi grand écrivain que lui, ni présidente de la République, ni n'aurait le même salaire que lui, ni ne pourrait coucher plusieurs fois d'affilée, sans que ce soit un pêché.  Il avait le pouvoir!
Tristes histoires de récipients et de liquides.
On ne voile et on ne cache que ce qui nous fait peur. Oui, le corps d'une femme est beau et désirable!
Il n'était plus question d'amour, mais  de pouvoir.
Vous pouvez voter à droite ou à gauche, être religieux ou laics,  noirs ou blancs, communistes ou libéraux, patrons ou employés, français ou anglais, espagnols ou basques, catalans ou bretons...il y aura toujours des hommes et des femmes.
Quand ils sauront vivre en paix, sans être comme dans une meute de chiens, avec dominants et dominés, la quête du Graal sera proche de la fin....

par Del publié dans : CRACHE-POUILLE FAIT LE DRAGON: ATTENTION, COLERES! communauté : L'écriture dans tous ses états
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