...Delphine Alpin-Ricaud ...
Il fallait bien un blog pour nous
connaître...
Je vous souhaite donc à tous la bienvenue !
"Ecrire, écrire, et encore écrire ! Tous les jours !", m' a dit mon ami Pierre
A.
Pour vous faire voyager, j'ai cette exclusivité! Merci Bernard pour ce bijou! C'est à toi, tout à
toi,
même Pagnol t'écoute....
LE PARLER MARSEILLAIS
Ici à Marseille, on ne parle pas comme tout
le monde. Nous avons des expressions que seul un Marseillais de Marseille peut comprendre. Je m'explique : moi-même étant marseillais pure laine, quand je monte dans le nord, c'est à dire
juste aprés Avignon, je commence à ne plus comprendre les gens...
Voici donc quelques phrases, ou mots, expliquant le "parler marseillais":
- Vas-y Gaston, on t'esgourde*! (Ca commence fort : cinq mots et déjà, il faut que j'explique :
donc, esgourde ce sont les oreilles)
- Je me promenais au Parc Borely quand, tout à coup, je vois deux
cagoles* (Cagole : une fille. Par contre, il y a les cagoles des quatiers
sud et les cagoles des quartiers nord. La différence? Aucune sinon que l'une est bourgeoise et l'autre non. A retenir : la cagole s' habille très
court, parle très fort et se fait remarquer, bien sûr!).
En passant près d'elles, je leur dis :
- Ohhhhhhhhhh...les galinettes* (petite poule), vous faites quoi la ?
Et elles me répondent:
- Qu'est ce que tu barjaques* (dis), toi t'as pas d'amis que tu me parles?
Moi:
- Ohhhhhhhh radasse* (clocharde), parle bien de la bouche!
Je crois que le ton est donné là, et je commence à peine! Mais bon, je m'y colle bien volontier, car j'adore notre parler et encore je suis poli:
nous avons aussi nos insultes, bien sûr!
Je ne vais pas faire un roman, mais il fallait
bien que je donne un ton à mes explications.
Maintenant, je vais vous donner des mots et vous essayerez de faire des phases avec.
LEXIQUE
Extrait de : http://site.voila.fr/planetemassalia/lexique/lettrea.html
pour vous y référer!
"Agachon (être à l’ ) : nom
masculin. Déclinaison du provençal agachoun, cabane de chasseur.
Etre à l'agachon, c'est être à l’affût, surveiller, épier, être sur ses gardes.
<< Depuis qu'il a reçu une lettre anonyme lui disant qu'il est cocu, il est à l'agachon, faut voir ça !
>>
Aganter (se faire): verbe francisé tiré du verbe
provençal aganta, attraper.
Synonyme marseillais : se faire choper, se faire prendre.
<< Cette andouille, y s'est fait aganter par les condés*. >>... *police
Alibòfis : Nom masculin pluriel désignant les testicules en terme grossier.
An pèbre : locution provençale formée des mots an (année) et
poivre.
S'emploie pour désigner une localisation chronologique incertaine:
Soit dans le passé :
<< Ou il est Antoine !... maaaa foi... j’ai plus vu sa figure de poulpe depuis l'an pèbre…>>
Aouf : Néologisme marseillais, issu de l’arabe.
Considéré comme un adjectif qualifiant ce qui est gratuit :
<< Par les temps qui courent, y a plus que l’air qu’on respire qui est aouf… >>
Arapède : Nom féminin d'origine provençale qui désigne un mollusque comestible
particulièrement difficile à arracher de la paroi rocheuse où il est accroché.
Traiter quelqu'un d'arapède, c'est tout simplement lui reprocher de coller d'un peu trop près, au propre comme au figuré.
<< Je l'ai laissé tomber, il commençait à faire un peu trop l’arapède. >>
Ou bien : << Oh l’arapède, file un peu de là, tu me gonfles… >>
Arranger (s’ ) : N’a rien à voir avec le français arrangement .
En langage marseillais s’arranger signifie ajuster ses vêtements.
<< Oh Marius, arrange-toi un peu, on dirait un boumian* (ou une estrasse)… >> * gitan
Ou bien que l’apparence d’une personne s’est améliorée : << T’as vu la fille de Toinou,
qu’est ce qu’elle s’est arrangée… c’est devenue une vrai bombasse… >>
Bacala : Nom masculin formé à partir d'une déformation du provençal bacalaù, merluche, morue.
On l'utilise volontiers pour signaler la maigreur d'un individu, homme, femme, ou enfant.
<< Depuis qu'elle a été malade, c'est un vrai bacala... >>
Bada : Nom masculin provençal désignant le petit surplus que les commerçants
rajoutaient dans la banaste (panier) de leurs meilleures clientes.
" Tenez, je vous fais le bada, c’est de bon cœur... >>
Aujourd’hui, il désigne plutôt le rab à table :<< Tiens, prends un peu de bada... >>
Ballon : Dans toutes les autres villes de France, on va au stade pour voir un match de foot de son
équipe, mais à Marseille, on va au ballon pour voir l’Ohème, et plus rien ne compte...!
Bàti-bàti : cette expression marseillaise indique elle-même son sens, et rappelle, tant par sa sonorité que
par sa répétition, le cœur, les battements du cœur,surtout quand il s’engatse (bat la chamade)...
<< quand l’Ohème mène que d’un but, j’ai le bàti-bàti… >>
Bazarette (basarette): Nom féminin issu du verbe provençal basaruta, jacasser, parler d'abondance.
S'applique surtout aux femmes dont le bavardage incessant se trouve être souvent malveillant.
De ce fait, on peut traduire par commère. << Celle-là, comme bazarette, elle se pose un peu là… >>
Bè : ( note: ne se prononce jamais bé, comme on l’entend à la
télévision, mais bè) bien, bon...
Interjection s’utilisant à toutes les sauces.
L’étonnement :
<< Hè bè ! ils ont pris trois buts ?... >> (Hè bè dans le sens de Ha bon).
L’hésitation (en maintenant un peu la voyelle) :
<< Bèèè, je sais pas si je joue cœur ou trèfle… >>
La déception :
<< Hè bè, qu’est ce qu’on a pris ce soir, avec ce tromblon … >> (Hè bè dans le sens de Hé
bien).
La lassitude :
<< Puisque tu triches de longue, bè je me casse… >>
Beau (mon) : Aimable, cher. Se dit au masculin, comme au féminin.
Très amical, et familier :
<< - Comme tu vas, mon beau ? – très bien, ma belle, et toi ?... >>
Bi : diminutif de bisou. S’emploie le plus souvent par un grand-père envers un enfant :
<< Eh mon gàrri, viens me faire un bi, que ça fait longtemps que je t’ai pas vu… >>
Bìcou : S’emploie dans le sens de petit objet.
<< Passe-moi le bìcou du stylo, que je le referme… >>
Se dit aussi très souvent pour aborder un jeune avec qui on est très familier.
<< Oh bìcou, qu’est-ce que tu me racontes ?... >>
On trouve aussi bicouli (sans l’accentuation sur le I
), pour un enfant plus jeune.
Pour l’anecdote, Bìcou, était le surnom d’Emmanuel Vitria, premier marseillais à reçevoir une greffe du coeur, fervent supporteur de l’Ohème, sportif émérite,
et qui vécu encore longtemps, puisqu'il resta le doyen mondial des greffés du coeur pendant 19 ans.
Bisquer : Verbe marseillais issu du provençal biscaïre, qui éprouve du dépit.
Le terme francisé à gardé son sens premier, il signifie râler, être mécontent.
<< Tè, on va le faire bisquer, ça lui apprendra !... >>
Ou bien << Arrête de bisquer de longue, tu me gonfles… >>
Bonne-Mère (la) : Désigne bien sûr Notre-Dame de la Garde, et ne s'écrit qu'avec
majuscules.
Et la Bonne-Mère, on la met à toutes les sauces. Elle intervient pour tout et pour tous,
quelle que soit la religion, la race, ou l’opinion politique du marseillais qui s’adresse à Elle.
Dans la joie, pour avoir fait gagner l’Ohème, dans la déception, lorsque l’on n’a pas touché le loto, ou dans la peine et le malheur, pour se faire consoler.
S’utilise même dans un juron bien senti, mais toujours affectueux :
<< Putain de la Bonne-Mère ! je me suis estramassé* le doigt avec le marteau… >> *écrasé
Note : Un marseillais ne dira jamais :
<< Je vais monter à Bonne-Mère... >>, ou << De mon balcon, je vois Bonne-Mère...
>>,
mais << Je vais monter à la Bonne-Mère... >>, et << De mon balcon, je vois la
Bonne-Mère... >>.
Sauf dans l’exception qui confirme la règle : << Oh Bonne-Mère !... j’ai oublié le lait sur le feu... >>
Boucan : Tout le monde sait que le sens populaire de boucan désigne un gros bruit, un tapage.
Mais à Marseille, il désigne aussi le boulet, celui qui ne sait rien faire, l’emmerdeur de première :
<< Qué boucan celui-là, ça fait deux plombes qu’y fait l’arapède*, je
peux pas boire mon canon tranquille… >> *qu’il me colle
Bouche : il s’agit bien de l’organe qui sert à manger, et à Marseille (peut-être plus qu’ailleurs) à parler.
Progressivement, les marseillais ont utilisé ce terme pour désigner les beaux parleurs, les prétentieux, les fanfarons : << Qué bouche, ce
Jeannot… >>.
Mais si le Jeannot ne sait faire que ça (fanfaronner), alors ça devient : << Que de la bouche, ce Jeannot… "
Par extension faire une bouche à une fille (ou à un garçon ), tout le monde comprend ce qu’ils se font…
Boudìou : Interjection issue des mots provençaux boun, bon, et
Dìou, Dieu.
( note : ne se prononce jamais boudiou, comme on l’entend à la télévision,
ou au-dessus de la Loire, mais bien boudìou, en accentuant le I ).
S'emploie pratiquement dans toutes les situations :
La satisfaction :
<< Boudìou, qu’il était beau ce film !... >>
La surprise :
<< Boudìou, mais t’es pas encore parti ?... >>
La déception :
<< Boudìou, qu’y fait froid aujourd’hui… >>
Par contraction, se dit aussi Boudìe, en traînant sur le I, et sans prononçer le E…
Boufigue : Nom féminin issu du provençal boufègo,
ampoule, bulle.
S'emploie pour parler d'une enflure sur le corps.
<< Je sors de chez le dentiste, ça me fait une de ces boufigue sur la joue… >>
Bougnette : Nom féminin issu du provençal bougnèto, beignet. Par
extension, tâche d'huile.
Désigne les tâches de n'importe quelle nature, en particulier sur les vêtements :
<< Arrête de manger comme un chapacan*, ta chemise est pleine de bougnettes…
>>
Brave : Rien avoir avec le sens français courageux.
Peut signifier gentil, pas trés dégourdi :
<< Dis, t’es bien brave, mais va un peu jouer ailleurs, je vois pas le match… >>
Ou désigner quelqu’un de cœur, mais un peu niais :
<< Vouèï, il est brave, mais à force, y me gonfle… >>
Ou encore devenir un adjectif d’amplification :
<< Oh Bonne-Mère, y a un brave Mistral aujourd’hui
!... >> "
Voila je
ferai les autres lettres , à votre demande, si, bien sûr, vous avez aimé entendre un peu les cigales à travers ce petit lexique !!!!!!
BERNARD
Chouette! Du sarthois!!!!! hahahaha.....Bonne promenade David!
Bonne soirée, bises, Delphine.
Merci à Bernard!!! j'adore .... bisous à toi!!!